Alaa El Aswany «
Chicago » Actes Sud
Avec un style admirable et très sensuel, l’auteur analyse les rapports
des Egyptiens avec leur pays. Certains fuient un régime conservateur et une
morale bourgeoise qui étouffent idées et désirs. D’autres vont chercher aux
Etats-Unis un emploi plus rémunérateur tout en restant attachés aux valeurs
sociales et politiques de leur patrie. Le choc des idéaux ne se fait pas sans
mal et ce que l’on quitte on le retrouve finalement ailleurs : la violence, le
racisme, l’exclusion des minorités…
Colum Mc Cann « Zoli » Belfond
Dans ce superbe roman à trois voix, l’auteur nous mène à la découverte
du peuple tsigane. Zoli a six ans lorsque sa famille est décimée par la Hlinka,
une branche fasciste. Contre la tradition tsigane, son grand-père lui apprend à
lire et à écrire. Et Zoli deviendra une grande chanteuse et poétesse. Lorsque Stephan Swann la rencontre, il en
tombe fou amoureux. Et puisqu’il ne peut l’avoir- elle doit épouser un Rom -,
il la trahit en publiant ses textes. Il signe là son bannissement de la
communauté tsigane où rien ne doit être figé sur papier. Ne reste alors que la
fuite et la lutte pour sa liberté. Un
beau livre sur le lent naufrage des Roms, sur l’ethnicité, l’appartenance et
l’assimilation mais aussi sur le pouvoir des mots.
Mary Relindes Ellis « Wisconsin » Buchet Chastel
Nous sommes en 1967. William et James Lucas inventent mille ruses pour
échapper à un père alcoolique et violent. La dernière de James sera de
s’engager pour le Viêtnam dont il ne reviendra pas. William trouve refuge chez
leurs voisins auxquels il finira par raconter les sévices infligés par son
père. Claire, leur mère, se remémore la rencontre avec celui qui allait devenir
son mari. L’amour fou s’est vite transformé en tristesse et douleur. Superbe roman à trois voix sur la perte de
l’innocence, la force de l’attachement, les traumatismes familiaux et la
rédemption par l’amour.
Justin Cronin « Quand revient l’été » Mercure de France
Harry Wainwright, richissime homme d’affaires, est à un stade avancé de
cancer. Il décide d’acheter l’endroit où il a passé tous ses étés : un club de
pêche au fin fond du Maine. Là où ne se trouve que pure beauté, les souvenirs
défilent avec en leur centre son amour pour Luce, un amour toujours
vivant. Un roman à plusieurs voix, tout
en émotion, sur les différentes formes que peut revêtir l’amour.
Elif Shafak « La Bâtarde d’Istanbul » Phébus
Asya Kazanci, Turque, fait partie d’une longue lignée de femmes
aimantes et volontaires auxquelles a survécu un seul homme , Mustafa, exilé aux
Etats-Unis. Elle, qui n’a pas hérité de la beauté de sa mère et s’est
découverte bâtarde à l’âge de huit ans, rejette les traditions et désire faire
table rase du passé. Armanoush,
Arménienne, très belle et vive, peine à trouver une identité et décide de retourner
vers ses racines. Elle se fait héberger par la famille de Mustafa, son
beau-père. La rencontre entre les deux
jeunes femmes va réveiller tout ce qui a été refoulé : le génocide mais aussi
le machisme et les tabous familiaux.
Joyce Carol Oates « Mère disparue » Philippe
Rey
Nicole Eaton, Nikki, a 31 ans. Elle est journaliste, célibataire et
maîtresse d’un homme plus âgé et marié. Elle est attrayante, excentrique et
rebelle. Bref, l’antithèse parfaite de sa mère, Gwen, et de sa sœur,
Clare. Sa vie s’effondre lorsqu’elle
découvre le corps sans vie de sa mère dans le garage. Le premier étourdissement
passé, elle va interroger l’absence et partir à la découverte de celle qu’elle
pensait connaître. Une quête qui la met face à ses contradictions et la
transforme.
T.C. Boyle « Talk
talk » Grasset
Sur la route vers l’école où elle enseigne, Dana Halter se fait
violemment arrêter et jeter en prison. Sourde et muette, elle peine à se faire
comprendre. On finira par se rendre compte qu’elle est victime d’un vol
d’identité. Devant le peu d’efforts déployé par la police, Dana se lance à la
poursuite de celui qui l’a dépossédée d’elle-même. Roman haletant sur la fragilité de notre identité, l’absurdité de
la justice, les dérives informatiques et le rôle essentiel du langage.
Marisha Pessl « La physique de catastrophes » Gallimard
Orpheline de sa mère à cinq ans, Bleue Van Meer est une adolescente
atypique, sudouée et séduisante. Elle a beaucoup voyagé pour suivre son père,
Gareth, bel homme savant qui enseigne dans les universités où il est invité.
Jusqu’à ce qu’ils se fixent à Stockton, dans les Appalaches. Là, elle rencontre
la lumineuse Hannah, professeur d’histoire du cinéma, qui l’introduit dans un
groupe d’élèves à la fois craints et admirés, qui vont la révéler à elle-même. Lorsque
l’on retrouve Hannah pendue, les questions sont nombreuses et Bleue n’aura de
cesse de découvrir la vérité. Un
agréable roman d’initiation, entre le road-movie, le thriller et le roman de
mœurs.