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Wesley Stace « Les garçons » Flammarion

Wesley Stace  « Les garçons »  Flammarion

 

L’histoire commence en 1930 avec George, cadeau indésirable offert à Joe par sa mère Echo pour son vingt et unième anniversaire. Joe rejette en effet cette marionnette, personnification de la haine qu’il éprouve envers sa mère, célèbre ventriloque très peu maternelle. Il n’éprouve d’intérêt que pour Valentin Vox, son grand-père trop tôt disparu, un génie qui parvenait à projeter sa voix à divers endroits d’une pièce. Il sent que là est son destin. Seulement l’époque et les manigances d’Echo risquent bien d’étouffer sa passion.

L’imagination et la créativité renaissent dans les années 70 grâce à un autre George, un jeune garçon issu d’une famille d’artistes, bruyante et fantasque, essentiellement féminine. Dégourdi et aventurier, il va peu à peu mettre en mots tous les silences qui l’entourent : qui est son père? que cache donc sa mère, Frankie? pourquoi sa tante Sylvia a-t-elle rompu tout lien avec sa famille?…Et les réponses ne sont pas forcément là où George les cherche.

Un imaginaire très riche qui marie avec brio réalité et onirisme - la marionnette parle et l’on y croit! Un subtil jeu de pistes sur la question des origines, un feu d’artifice d’émotions.

Lisez aussi le précédent roman de Wesley Stace « L’Infortunée ». Cet écrivain a la grâce!

 

Andrew McGahan  « Terres noires, terres blanches »  Actes Sud

 

Nous sommes en Australie, en 1992. William est proche de son neuvième anniversaire lorsque son père meurt dans l’incendie de son champ de blé. Il ne sait pas mettre de mots sur ses sentiments, et ne peut se confier à une mère au mental fragile. L’avenir ne s’annonce pas rose au vu des dettes laissées…Jusqu ‘à ce que son grand-oncle, John McIvor, qu’il n’a jamais vu, leur offre un toit.

Il vit sur le domaine de Kuran, dans un manoir jadis luxueux auquel il voue une véritable passion, proche de la folie. Parce qu’il veut le transmettre à William, il va tenter d’insuffler à celui-ci son amour pour ce bout de terre. Mais William est méfiant et curieux du passé familial que l’aideront à découvrir les esprits du lieu, fantômes dont le sang a nourri la terre.

Un récit hallucinant qui, par le prisme de destins personnels, conte l’histoire de la terre aborigène : un passé tout de violences, de fureurs et de passions, hantés d’ombres terrifiantes…

 

Joyce Carol Oates  « Confessions d’un gang de filles »  Stock

 

Nous sommes à Hammond, petite bourgade de l’Etat de New-York, au début des années 50, une trouble époque où se mêlent aux séquelles de l’aprèguerre un puritanisme hypocrite et un racisme larvé : le terreau idéal à l’épanouissement de la rébellion. Quelques adolescentes, emmenées par la magnétique Legs, fondent le « Foxfire », un gang dont l’objectif est de venger toutes les brimades. Leurs actions, au départ innocentes, vont se transformer en véritables opérations-commando. Elles punissent le mal par le mal et leur esprit de vengeance est sans limite…

Sans concession, Joyce Carol Oates décrit avec des mots crus, acérés, une génération attachée à sa liberté, qui fait ses propres lois, au-delà de toute morale. La fureur de vivre à son acmé.

 

Eshkol Nevo  « Quatre maisons et un exil »  Gallimard

 

Amir et Noa désirent vivre ensemble, s’aimer le jour et la nuit. Il étudie la psychologie à Tel-Aviv, elle la photo à Jérusalem. Le compromis? Maoz Sion, site historique de la guerre d’Indépendance. Ils sont fous l’un de l’autre, pourtant leur amour sera mis à rude épreuve là où tout n’est que tiraillements.

Il y a Sima, séduisante jeune mère de deux enfants, amoureuse de Moshé comme au premier jour, mais rebelle à l’intégrisme religieux du frère de celui-ci.

Il y a Yotam, onze ans, qui vient de perdre son frère, soldat tombé au Liban. Noyé de chagrin, sans aucun soutien de ses parents, il parle à ce frère qu’il adorait et se rapproche petit à petit d’Amir.

Il y a Sadek, un ouvrier arabe, travailleur et généreux, qui cherche à entrer dans la maison des parents de Moshé, anciennement celle de ses parents. Pour tenir une promesse faite à sa mère déracinée.

Un roman sensible et touchant composé d’un kaléidoscope de destins croisés. Une description sans fard d’un pays morcelé de schismes : entre Israéliens et Palestiniens, entre religieux et laïques. Et malgré le difficile processus de paix, les peurs et les deuils, le quotidien est tissé de rêves et d’espoirs.

 

Matt Ruff  « Bad Monkeys »  10/18

 

Jane Charlotte a été arrêtée pour le meurtre d’un innocent, un pur acte gratuit. Elle se trouve dans l’aile des barjots d’une prison de Las Vegas où le docteur Vale tente de vérifier la véracité de ses propos. Et ils sont pour le moins étranges : elle assure avoir été recrutée par les Bad Monkeys, une organisation secrète de lutte contre le Mal.

Elle lui raconte son histoire : une enfance chahutée, le meurtre d’un tueur en série alors qu’elle n’a que quatorze ans, les boulots minables, la prise continuelle de substances illicites, enfin son enrôlement.

Et si tout n’était que faux-semblants, un subtil jeu de miroirs où sont floutés le chasseur et la proie…Démoniaque!

 

Milena Agus  « Battement d’ailes »  L Lévi

 

Quelque part en Sardaigne, un lieu féerique un monde à l’écart du progrès…C’est là que « Madame » s’occupe d’une maison d’hôtes, là qu’elle donne du bonheur aux autres, un peu de magie, parce que « sans magie la vie à un goût d’épouvante ».

Mais est-elle heureuse cette femme plus toute jeune dont la vie n’est qu’une succession d’échecs sentimentaux? A-t-elle droit au bonheur cette femme dont l’innocente légèreté de mœurs attirent les regards malveillants? A l’exception de ceux de quelques voisins : un grand-père un peu amoureux qui la considère comme son « meilleur ami », le fils aîné des voisins immédiats qui refuse toute concession à la famille pour vivre à Paris sa passion pour le jazz, une adolescente en mal de père qui comprend sa douleur.

Et cette lancinante question : la recherche du Paradis perdu n’est-elle pas vaine? Un battement d’ailes, peut-être, ne suffit pas…

Lisez aussi, elles sont proches, le premier roman de Bertina Henrichs « La joueuse d’échecs » (Liana Lévi ou Livre de Poche) : un style dépouillé qui va à l’essentiel.